Rencontre avec Mathilde Lacombe, fondatrice de Birchbox

Un matin de printemps, nous retrouvons Mathilde Lacombe dans le studio Birchbox au-dessus de la boutique ouverte il y a quelques semaines rue Montmartre, à Paris. À 29 ans, cette ancienne journaliste pour le magazine ELLE a monté Birchbox, une caverne d’Ali Baba digitale de la beauté qui a désormais son espace physique. Dans une atmosphère calme aux tons pastels, vert amande et rose poudré, Mathilde Lacombe peaufine sa coiffure avec Djemi, experte chez The Reporthair, tout en pianotant sur son téléphone. Celle qui vit à Reims avec trois enfants, et dont le calendrier professionnel ne désemplit jamais inspire la sérénité avec sa voix douce et son visage souriant. Mathilde Lacombe nous raconte les secrets de sa vie superactive et le soin qu’elle porte à ses cheveux.

Mathilde Lacombe Birchbox

Quel est votre parcours Mathilde ?

J’ai fait mes études entre Paris, Reims et la Suède et à la fin de mon Master en communication à Paris, j’ai obtenu un stage au ELLE. J’ai fait tous les services possibles au magazine : événementiel, pub…Finalement, j’ai eu une proposition en tant que journaliste pigiste intégrée à la rédaction. Mais ça a duré très peu de temps parce que j’ai monté JolieBox à ce moment-là.

Comment avez-vous décidé de vous lancer dans l'entreprenariat ?

J’ai d’abord fait les deux en parallèle, comme mes associés qui avaient eux aussi leur boulot à côté, mais au bout de quelques mois, lorsqu’on a vu que ça marchait, ma rédactrice en chef m’a aidée à prendre la décision de me lancer. À 22 ans, c’est forcément plus facile, je pouvais me nourrir de pâtes et de cordon bleu, je n’avais pas de responsabilité financière à part moi ! Le succès rapide de Birchbox est un mélange de chance, de bon timing et de beaucoup de travail

Comment est née l'idée de Birchbox ?

J’étais très blog - j’ai le mien depuis dix ans - et j’aimais la beauté. Je suis tombée un jour sur une vidéo YouTube où une fille parlait de sa "First Birchbox" et en tant que consommatrice, je trouvais ça génial. C’était le projet de fin d’études à Harvard de Katia et Hayley, elles venaient de se lancer quand on les a contactées. Nous leur avons dit que nous avions envie de développer cela en France, et elles nous ont dit de foncer. On a donc créé JolieBox, en restant en contact avec Katia et Hayley et c’est devenu deux ans et demi après Birchbox, lorsqu’on a fusionné avec elles.

Qu'est-ce qui vous plaît dans la beauté ?

C’est drôle parce que ma mère n’était pas spécialement fan de cet univers mais je trouve que la beauté, pourtant souvent perçue comme quelque chose de futile, peut en réalité réellement aider les femmes. C’est un boosteur de confiance de soi, ce sont des gestes qui font du bien, et c’est vraiment un truc de fille. On le voit quand elles reçoivent leur box, c’est leur plaisir du mois, leur cadeau. Et pouvoir aujourd’hui faire de ma passion mon métier, c’est vraiment chouette. 

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Quel est la philosophie Birchbox ?

L’idée est de rendre la beauté accessible à toutes. C’est une beauté que l’on veut décomplexée et fun. C’est pour cela que dans la boutique, on n’achète pas par marque mais par usage, parce que souvent les femmes cherchent un soin ou un mascara mais ne connaissent pas nécessairement les marques. Nous essayons de les accompagner et de les guider.

Justement, vous venez d'ouvrir la boutique à Paris, c'était une envie depuis longtemps ?

À New York, elle existe depuis trois ans et demi, forcément ça donnait envie. On a eu des corners au Bon Marché, un pop-up store qui a cartonné il y a deux ans, on testait des choses à chaque fois avec un super retour des consommatrices et des marques. Ça a pris du temps mais on est contents ! Ça nous permet aussi de travailler avec d’autres marques, notamment celles qu’on ne peut pas distribuer si on n’a pas de point de vente physique : Clarins, Caudalie, Bobbie Brown, mais aussi des marques de parapharmacie et de coiffure. L’idée est de pouvoir tout acheter au même endroit, sans avoir besoin de passer chez son coiffeur, son esthéticienne… Tout est dans la boutique.

boutique birchbox

Comment gérez-vous votre quotidien d'entrepreneuse et votre vie de maman de trois enfants à Reims ?

Comme toutes les mamans qui travaillent, c’est beaucoup d’organisation ! Et un mari hyper présent qui gère le quotidien, les sorties de crèche et d’école... Il faut trouver le juste équilibre. En revanche, le soir, le week-end et pendant les vacances, je coupe tout pour être à 100% avec eux. Je sais que j’ai besoin des deux. Quand j’étais en congé maternité, j’étais très heureuse et en même temps j’avais hâte de retourner au boulot. J’ai pris le droit de faire mes enfants quand j’ai eu envie de les faire, j’en ai eu trois en trois ans, je n'aurais peut être pas osé les avoir si rapprochés si j’étais restée au ELLE ou si j’avais été salariée dans un groupe. C’est un choix de vie.

Quel rapport entretenez-vous avec vos cheveux ?

Mes cheveux sont fins, pas trop abimés avec tout ce que j’ai fait ! Autant je n’aime pas me faire maquiller parce que je sais que je maîtrise le make-up mais pour les cheveux, j’adore me laisser faire. Je fais des masques toutes les semaines, des gommages du cuir chevelu, j’applique des huiles... Je prends soin de mes cheveux mais je ne prends pas le temps de les coiffer. Et puis il faut que ce soit pratique pour ma journée, surtout quand je vais au sport à l’heure du déjeuner, je me dis que ça ne sert à rien! (rires). 

Mathilde Lacombe Birchbox

Votre pire erreur capillaire ?

Pour la soirée de mes 18 ans, je voulais être châtain donc j’ai utilisé les nouvelles mousses que L’Oréal venait de sortir, Color Pulse, mais je me suis retrouvée avec un roux virant sur du orange. Je me souviendrai toujours de la tête de mes invités quand j’ai ouvert la porte ! Ça devait s’estomper au bout de quelques shampoings mais j’ai gardé des reflets pendant des semaines. C’était un beau raté. Quelques temps plus tard, en Suède, j’ai acheté une coloration H&M, je voulais être brune mais au premier shampoing ça a coulé, c’était presque vert ! Maintenant je sais ce qui me va le mieux. Il y a quelques mois j’étais plus foncée mais c’est ce ton de blond lumineux qui me correspond. J’étais très blonde petite et mes enfants sont très blonds aussi. Et puis c’est un balayage, donc plus facile d’entretien.

Ce que vous adoreriez faire mais vous n'avez pas (encore) osé ?

J’adore l’actrice Michelle Williams et sa coupe très courte blonde platine me fait super envie. J’ai déjà été blonde platine quand j’étais en Suède, c’était super joli mais ça demandait beaucoup d’entretien, et comme j’ai des rougeurs, c’était moins flatteur au teint. Mais la coupe courte, je pense que je n’arriverai jamais à sauter le pas !


Crédits photos : Inside Closet pour The reporthair